PROTECTIONS CONTRE LES SORCIERS

Le statut de la sorcellerie est si élevé qu'il ne saurait être dominé, mais en aucun cas anéanti, que par de très hautes divinités demeurant en contact avec lui, car étrangement apparentées à lui. Ces divinités sont capables de communiquer aux hommes la force nécessaire pour ne jamais ou pour ne plus lui céder comme pour ne pas être molesté par ses suppôts. Il s'agit de divinités ayant notamment pour fonction de préserver vis-à-vis de lui l'intégrité des puissances divines.

Parmi les protections anti-sorcières, on distingue les adze-vodou, les bo et bo-vodou anti-sorciers, et pour finir les vodou anti-sorciers.


 

LES ADZE-VODOU

Les adze-vodou sont des vodou d'un genre très particulier qui, au lieu de mettre en rapport avec les puissances divines, mettent en rapport avec des puissances qui leur sont adverses. Les plus complets et les plus redoutables d'entre eux permettent de toucher les puissances, appelées adze, par lesquelles les sorciers (adzetö) se trouvent emportés, quand ils vont commettre leurs méfaits. Alors qu'un sorcier est en quelque sorte aliéné par la puissance du mal ayant investi son corps indépendamment de sa volonté, l'acheteur d'un de ces vodou garde la maîtrise sur celles qu'il fréquente et les tient normalement fixées hors de lui sur l'objet sacré correspondant, pour ne les employer qu'à sa propre initiative. Il ne dépend que de lui d'en profiter exclusivement (comme de tout fétiche) pour de justes causes (fréquenter à égalité les sorciers pour les prier de laisser une personne tranquille) ou du moins des causes acceptables (s'enrichir, être brillant, acquérir des connaissances magiques), en continuant à requérir à cet effet la protection de son génie et de ses ancêtres, ou au contraire de céder à leurs incitations en se livrant grâce à elles, de la même manière que les autres sorciers, à des abominations réelles ou imaginaires, corruptrices de l'âme, qui lui vaudront après sa mort d'être à son tour transformé en adzé. Beaucoup en arrivent, de ce fait, à ne plus servir que de protection anti-sorcière, notamment conférée par des onctions d'huile de palme. En fait, ils ne se réfèrent plus alors, pour l'essentiel, qu'à la puissance qui empêche un sorcier de nuire à son semblable.

AKPATSU

 


 

Le AKPATSU est un adzé-vodou, capable de tuer. La seule présence d'Akpatsu empêche un sorcier ou tout autre individu ou esprit mal intentionné de pénétrer dans la cour. Si quelqu'un est attaqué par les sorciers, il est possible de le débarrasser de ceux-ci en lui donnant à avaler et en lui passant sur le corps l'huile de palme de sa partie protectrice. Auparavant, on invoque le vodou en prononçant le gbesa (incantation) adéquat, puis on le prie de convaincre les sorciers de laisser le malade tranquille. En principe, les sorciers ne refusent rien à Akpatsu, car il est très habile et les plus petits d'entre eux le craignent. Ceux qui s'opposeraient à lui seraient attaqués et écrasés par lui. Cependant, il est plus prudent de le consulter, en jetant au sol des cauris, pour savoir s'il accepte de bon coeur d'intervenir ou exige auparavant telle ou telle chose.

Pour se comporter en sorcier, si l'on se découvre un goût pour cela, après avoir invoqué le vodou en prononçant simplement le gbesa (incantation) de sa partie opérationnelle, on se passe un soir sur le corps un peu de l'huile qu'elle contient. Une fois plongé apparemment dans le sommeil, on quitte alors son corps, on circule à travers les airs sous forme de lueur et on traverse au besoin les portes des demeures, soit seulement pour y observer ce qui s'y passe, soit pour y accomplir divers méfaits : tuer ou épuiser la vitalité de quelqu'un, ou lui dérober en secret ses économies.

Par ailleurs, Akpatsu peut attaquer, et tuer sur commande ou spontanément, ceux qui veulent du mal à son propriétaire. Celui-ci n'est alors jugé ni mauvais, ni sorcier pour autant. On ne voit là que justice.


 

LES BO-VODOU ANTI-SORCIERS

Un bo-vodou anti-sorcier agit en imprégnant les lieux et les habitants des lieux à protéger d'une énergie spirituelle, en partie identique à celle qui est nécessaire aux sorciers pour y perpétrer leurs crimes. A la différence d'un adze-vodou, il ne met en rapport avec aucune puissance de sorcellerie ou apparentée à la sorcellerie. Il renvoie au contraire à une puissance dérivée de quelque éminente divinité capable de dominer et de refouler la sorcellerie.


 

TSEDO-VAUDOU

Le TSEDO est un bo-vodou anti-sorcierqui ne joue qu'un rôle défensif. Il ne permet pas de "saisir" les sorciers, de les obliger notamment à confesser leurs méfaits pour en purifier le village. Si l'un d'eux s'introduit dans la cour de son détenteur pour y causer du dégât ou vient le provoquer en perturbant ses cérémonies annuelles de féticheur, il risque alors de tomber malade, ne faisant que succomber ainsi au choc en retour du mauvais coup, qu'il souhaite porter.

Pour traiter un membre de sa famille ou n'importe quel client malmené par des sorciers, il commence par l'invoquer en crachant dessus du poivre de guinée et de la petite cola. Le malade formule alors une promesse qu'il devra exécuter après avoir obtenu satisfaction. Il extrait ensuite une aiguille de la poudre de kaolin où il y en a beaucoup d'enfouies, lui pique le corps en divers endroits : autour du cou, de la ceinture et des avant-bras, et saupoudre ces piqûres, qui saignent légèrement, avec de l'eti blanc. Il lui incise enfin légèrement la peau avec un couteau au niveau de toutes les articulations, et saupoudre ces incisions avec de l'eti noir.


 

LES BO ANTI-SORCIERS

Les bo anti-sorciers prennent appui sur des énergies analogues à celles des adze-vodou protecteurs. Leurs effets sont cependant immédiats et beaucoup plus spécialisés, car ils ne remontent pas aux sources des effluves anti-sorcières, mais à des réserves de forces correspondantes prêtes à être déclenchées. Les uns se bornent à empêcher les sorciers d'approcher, d'autres par contre les rendent malades ou les tuent quand ils se présentent.. Certains ont pour spécialité de les empêcher de faire disparaître l'argent d'un commerçant.


 

AGUKLIYO ANTI SORCIER

L'AGUKLIYO est un bo anti-sorcier qui permet de guérir un malade attaqué par les sorciers. Ayant arrosé l'etigui d'alcool et craché dessus de l'alcool en prononçant son gbesa, on saupoudre d'eti des incisions pratiquées sur le crâne du malade et au niveau de toutes ses articulations, puis on lui en fait avaler un peu, mélangé à un verre d'alcool.

Il protège aussi la cour de son propriétaire contre toute incursion de sorciers malintentionnés. Si une chouette (adzexe), véhicule d'un adze, vient voler ou se percher au-dessus de la cour, il suffit de prononcer son gbesa pour la faire tomber à terre. Le sorcier qui lui était associé est ensuite retrouvé mort dans son lit. Si un sorcier se présente en chair et en os dans la cour, il est soudainement rendu gravement malade et s'effondre au sol. Au cas où sa famille vient implorer pardon pour lui, le botö peut le ranimer ou le guérir en utilisant l'éti. A l'issue de cette guérison, il reste habité par son adze, mais celui-ci est si atténué qu'il ne peut plus l'employer pour mal agir.


 

GLIDO-VAUDOU

C'est un bo anti-sorcier. Il luiest associé de l'huile de palme et de la poudre eti. Si quelqu'un est dérangé par les sorciers, on lui saupoudre d'eti les incisions pratiquées sur sa peau, et on lui en fait absorber un peu, mélangé à de l'alcool, puis on lui passe de l'huile efficace sur le corps.


 

LES FETICHES ANTI-SORCIERS

Les vodou anti-sorciers se proposent, non seulement de protéger les individus contre des attaques de sorciers, mais encore de purifier activement la société toute entière de leurs détestables activités, qui en arrivent à être dénoncées comme anti-progressistes, responsables du malheur des noirs.

Il arrive que des actes de sorcellerie soient publiquement dénoncés par les femmes, qui entrent régulièrement en transe lors des cérémonies de leur culte. Habituellement le vodou "saisit" un présumé sorcier en le possédant sauvagement ou en le rendant malade, et l'oblige ainsi à venir lui demander pardon, à se confesser devant lui et à se laisser purifier par communication de sa vertu, avec l'aide des plantes qui le caractérisent. Aussitôt traité de la sorte, le malheureux devient théoriquement incapable de profiter de l'adze pour nuire, adze qui lui demeure associé.


GRAND MAITRE SPIRITUEL MEDIUM VOYANT OGOU

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