LA SORCELLERIE

Les sorciers(adzetö) sont des personnes sur lesquelles se sont portées spontanément ou reportés des esprits appelés adze. Il ne revient nullement au même d'être habité ou parasité par ces esprits et d'avoir acquis un moyen de les dominer à son gré pour en tirer profit. L'âme de celui qui a réussi à s'en servir pour accomplir le mal se voit condamner après sa mort à se transformer en une nouvelle puissance sorcière. Tandis que le religieux traditionnel se place sous la dépendance de divinités, le vrai sorcier se place sous celle d'un principe destructeur.

Chaque individu est côtoyé par le principe de la sorcellerie. Cependant, la responsabilité lui est laissée d'y céder ou de ne pas y céder. On pourrait croire qu'il le rejette et l'ignore d'autant plus aisément que son âme s'élève vers l'Être et jusque dans l'Être. En réalité, plus sa puissance grandit, plus il est tenté au contraire, par inflation orgueilleuse, d'y céder. Un sujet, désireux d'accéder à la plénitude de l'Être, ne peut manquer de ressentir, tôt ou tard, l'impulsion de s'approprier de surcroît une telle puissance, c'est-à-dire l'apparente surpuissance de tout renverser ou de tout corrompre. Il se voit alors placé devant le choix crucial de suivre cette impulsion ou de se soumettre plutôt à la volonté du sacrificateur suprême, dont le glaive est en mesure de l'en délivrer.

Quand un individu a cédé au mal en le commettant par des moyens magiques ou physiques, son âme à sa mort, se retrouve condamnée à l'errance et à la fièvre inextinguible de détruire. Dans ces conditions, cette âme ne s'emploie qu'à inciter et à aider les vivants à commettre le genre de crimes pour lesquels elle a conservé de l'inclination, et parasite habituellement à cet effet une personne vivante de sa famille. L'ardeur séductrice et dévoratrice demeurant attachée à son corps spirituel est ce que l'on nomme un adze. Si, grâce à la protection de son génie, l'âme de la personne parasitée a su refuser de s'en laisser imprégner et ne peut donc être tenue responsable des crimes éventuellement commis à travers elle indépendamment de sa volonté, elle connaîtra une destinée posthume normale. Si au contraire, elle a accepté de pactiser avec la puissance maléfique afin d'en tirer quelque profit, elle sera qualifiée de sorcière (adzetö, "propriétaire d'adze") en raison du mal auquel elle aura consenti et se verra condamnée à se transformer après sa mort en un nouvel adze, qui ira grossir la confrérie invisible des âmes sorcières dévouées au redoutable principe du mal.

Celui qui commet le mal au moyen de fétiches, ou bien cède à l'inclination que lui communique une âme sorcière et par conséquent est déjà sorcier, ou bien manifeste un penchant spontané pour la sorcellerie qui le conduira à grossir après sa mort la confrérie des âmes sorcières.

Un ancien membre de cette confrérie, dont l'arrière-grand-père paternel, le grand-père paternel, le père étaient aussi des adeptes chevronés, nous narre son initiation :

" Lorsque ma mère était enceinte de moi, elle fut confrontée à une situation difficile. Après les neufs mois habituels, elle ne m'accouchait toujours pas. C'est ainsi qu'elle est allée consulter un marabout. La réponse fut terrible : je devais être accouché après quatorze mois de grossesse, conformément à la volonté de mon arrière-grand-père qui était déjà mort. C'est ce qui se passa. Après les quatorze mois, ma mère m'accoucha vers 1 heure du matin, sur la tombe de ce dernier. A mon accouchement, j'avais deux dents dans la bouche. Naître sur une tombe, permet selon nos croyances, d'avoir la puissance du défunt. Aussi, d'après mes parents, devais-je hériter de ce grand-père en matière de puissance. A l'âge de cinq ans, je ne marchais pas encore. c'est à six ans que j'ai commencé à marcher. Je fus alors inscrit au CP1 (cours préparatoire première année). Une nuit, mon père m'amena dans la forêt, entailla sa peau et la mienne, recueillit notre sang dans un même verre et nous bûmes les deux sangs mélangés. C'était le pacte du sang.

Quand il devait consulter un client, il attendait que je revienne de l'école avant de commencer le travail. Il a toujours tenu à ce que j'assiste à toutes les séances. C'est ainsi qu'il m'a initié aux différentes pratiques de la sorcellerie. "

En Afrique occidentale, on appelle "sorcier", "celui qui a mangé la viande de la nuit", c'est-à-dire celui qui, à l'occasion de vols aériens nocturnes, s'empare de proies humaines et auxquelles il ôte la vie. La sorcellerie en Afrique admet de nombreuses variantes, mais elle se définit de façon constante par un fantasme d'anthropophagie nocturne et de mort dévorante. Dans le vocabulaire africain francophone, le mot sorcier désigne toujours un individu asocial, mauvais, accusé par les autres de provoquer la mort pour satisfaire ses goûts de chair humaine. La sorcellerie est toujours mauvaise, elle n'a qu'un but, tuer.

Le sorcier agit la nuit en rêve. Son double ou son âme de rêve s'envole dans les airs, se métamorphosant soit en formes humaines ou animales, afin de nuire. C'est le double du sorcier qui invisiblement nuit au double de sa victime. Quand une personne se croit victime d'un sorcier, elle se sent vidée de l'intérieur, car le sorcier aspire l'énergie vitale de cette personne. Le sorcier peut se transformer en animal pour faire peur à sa victime et lui prendre sa force vitale. Il peut aussi durant le jour atteindre un individu par l'intermédiaire de l'ombre que celui-ci projette sur le sol ou par la trace de ses pas, ou simplement par un regard, par un geste qui l'effleure. La victime, dévitalisée, peut mourir au bout de quelque temps.

Celui qui, une première fois, délibérément ou par surprise, mange "la viande de la nuit", contracte de ce fait une dette. il devra s'emparer d'autres victimes pour en partager la chair avec les autres sorciers devenus ses associés. La dette initiale l'introduit dans un circuit sans fin de dettes analogues. Impossible d'en sortir; celui qui voudrait arrêter les frais deviendrait la victime de ses associés. Le mode d'action de la sorcellerie est invisible. Le seul instrument visible qu'utiliserait parfois le sorcier serait l'aliment. En acceptant de recevoir du sorcier un aliment quelconque, on risque de se faire prendre par lui.


GRAND MAITRE SPIRITUEL MEDIUM VOYANT OGOU

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